jeudi 14 décembre 2017

Bashô et Futami




L’écritoire au double regard

二見文台




Parmi les objets affectionnés par le poète Bashô se trouve en son pays natal, exposé au deuxième étage du Château de Ueno, un écritoire dit « L’écritoire de Futami », 二見文台, Futami bundai, littéralement « l’écritoire au double regard ». 

Celui-ci a la forme d’une table tellement petite et basse que l’on pourrait à peine y calligraphier un Haiku. Bashô l’a conçue à double face, le dessus de la table est destiné à la lecture et la face cachée est dédiée à l’écriture. Pour en témoigner, l’écritoire est de nos jours exposé sur un miroir, celui-ci permettant de saisir en un seul regard l’endroit et l’envers des choses telles que Bashô les concevait, et j’imagine comme celui-ci serait étonné de voir son écritoire ainsi posé sur un magnifique miroir du XXe siècle.

Sur le dessus de la table, Bashô a peint un paysage au lavis. On reconnaît la Baie de Futami, située sur la côte près du Sanctuaire d’Ise, avec ses deux rochers, mâle et femelle, liés par une corde tressée. Au premier plan, un éventail sur lequel sont dessinés des pins redouble la scène maritime et évoque l’attente. 

Sur le dessous de la table, Bashô a calligraphié un poème de sa composition que l’on peut lire inversé dans le miroir.


うたがふな         Utagafuna                            Serait-ce
潮の花も             Ushionohanamo               De l’écume les fleurs
浦の春                 Uranoharu                         Printemps sur la baie




Calligraphie Claire Seika



Conformément à la tradition des « Oreillers de poésie », Utamakura, la calligraphie est précédée de la mention du lieu chanté par le poème, 二見, Futami, pour la Baie de Futami, ce qui a donné le nom à l’écritoire.

La calligraphie du poème est suivie de la mention de la date de la composition de ce dernier, soit le milieu du Printemps 1689, 元禄二仲春.

À côté de l’écritoire, se trouve exposé le carnet sur lequel Bashô en a fait l’esquisse, donnant ainsi une forme tangible au jeu de mot auquel se prête le nom de la baie, Futami signifiant « double vue » ou « double regard ». La calligraphie du Haiku est désignée dans ce carnet comme une « écriture à l’envers », 裏書, Uragaki. Cette forme d’écriture était pratiquée couramment, soit sur du papier recyclé, lorsqu’on écrivait par souci d’économie sur les deux faces d’une même feuille, soit sur les objets les plus divers, bien que rarement sur l’envers d'un écritoire et avec autant d’humour.


Certes, nous sommes loin des trésors conservés au Shôsôin ou des boîtes à encriers de Ogata Kôrin, et les visiteurs du Château de Ueno sont probablement plus attirés par les reflets de l’écritoire dans le miroir et par l’ingéniosité de sa conception que par l’objet même, mais Bashô a dédié celui-ci aux poètes et l’a livré à notre réflexion ; aussi voudrions-nous ajouter « L’écritoire au double regard » à la liste des Trésors du lettré.





Cet article est extrait du Pinceau d’avril, Journal de calligraphie japonaise, publié par l'Institut de calligraphie Tôkashoin-France, numéro 8, décembre 2007.






lundi 9 octobre 2017

Calligraphie des Mille caractères en une nuit, décembre 2017






Calligraphie des Mille caractères

千字文

Senjimon



Vendredi 15 décembre 2017




La dernière page des Mille caractères. 
Les quatre idéogrammes la composant sont des particules, la dernière ayant valeur de point final. 
Calligraphie et photo Claire Seika


En mémoire de Hing-Ts'eu周興嗣, qui en composa le texte en une nuit, et de Tche-yong, 智永, qui en calligraphia 800 exemplaires, le 15 décembre en soirée, nous calligraphierons les Mille caractères,千字文, Senjimon.







dimanche 24 septembre 2017

Koto, Oku no hosomichi, Chikushi Katsuko



Concert de Koto et Shakuhachi 

Chikushikai 筑紫会

Théâtre Le Colombier, Cordes-sur-Ciel

samedi 24 septembre 2016



Extrait


奥の細道

Oku no hosomichi, "La Sente étroite du bout-du-monde"

Pièce vocale composée par Chikushi Katsuko

interprétée par Chikushi 純子, Claire 歌慶 et Tanaka 黎山







奥の細道Oku no hosomichiLa Sente étroite du bout-du-monde
Pièce vocale composée par Chikushi Katsuko (1904-1984) évoquant un voyage poétique. Le chant est composé d'extraits du journal de voyage de Bashô, La Sente étroite du bout-du-monde (voyage datant de l'année 1689) et combine prose poétique et Haiku

Extraits en prose :
"Je ne sais depuis combien d’années, nuage à la dérive, je suis emporté par le vent, et de l’impression d’errance, je ne saurais me défaire".

"Les années qui viennent et passent sont aussi des voyageurs".


Haiku par lequel s'achève le chant :
"Ô tombe puisses-tu être émue
Le bruit de mes pleurs
Dans le vent de l'automne"




dimanche 23 juillet 2017

Stage de Sumi-e, Les herbes d'automne



Stage de Sumi-e
Oshinkan, Toulouse



Samedi 30 septembre et dimanche 1er octobre 2017


Thème

Les herbes d'automne

秋草


Sumi-e, Claire Seika, 2017


Lieu : Oshinkan   
1, rue Blaja
31 500 Toulouse
05 61 11 84 32

Horaires : samedi 30 septembre de 14 h à 18 h et dimanche 1er octobre de 10 h à 18 h.


Stage animé par Claire Seika.
Renseignements et inscription avant le 15 septembre 2017 :
claire.seika@oshinkan.com ou claire.seika@gmail.com


Participation : 120 euros pour les membres de Oshinkan, 150 euros pour les non membres.

Une liste de matériel sera fournie lors de l'inscription.



http://www.oshinkan.com/



lundi 17 juillet 2017

Calligraphie Japonaise, Oshinkan, Toulouse, rentrée 2017





Calligraphie Japonaise
rentrée 2017


Les cours de Calligraphie japonaise reprendront le samedi 2 septembre.






L’enseignement de la Calligraphie japonaise à Oshinkan est assuré par Claire Seika.
Il est donné à un rythme hebdomadaire le samedi de 10h à 12h (tous niveaux) et le mardi de 19h 30 à 21h (niveau avancé).
Il est officiellement affilié à l’Institut de Calligraphie Tôkashoin (Japon) depuis 2008. L’enseignement régulier est complété par des stages de week end.

Dojo Oshinkan
1, rue Blaja, 31500 Toulouse
Téléphone : 05 61 11 84 32
Mail : claire.seika@oshinkan.com




http://www.oshinkan.com/




lundi 5 juin 2017

Stage de Calligraphie Japonaise, été 2017






Stage de calligraphie japonaise 


Calligraphier dans le style Wayô






Le stage de calligraphie japonaise sur le thème Calligraphier dans le style Wayô aura lieu en juillet 2017​ au dôjô Oshinkan. Il débutera le dimanche 02 juillet à 10 heures et s’achèvera le vendredi 07 juillet à 17​ heures.

Programme
Matin (10 h-12h) et après-midi (14h-18h) : pratique de la calligraphie de style Wayô, Kanji et Kana.
Mardi 4 et jeudi 6 juillet, en soirée (18h30-21h) : séances de cours théorique sur le​ thème du stage​ (organisées sur les deux soirées).

Participation aux frais

200€ pour les étudiants, membres d'Oshinkan
280€ pour les membres d'Oshinkan (non étudiants) 
330€ pour les participants extérieurs (non membres)


Le montant du stage comprend les repas des soirées des 4 et du 6 juillet qui seront pris en commun au dôjô Oshinkan. Il est à régler par chèque à l’ordre de Oshinkan le premier jour du stage.

Les débutants sont acceptés.
Il n'est pas possible de venir à la journée.

Lieu 
Oshinkan
1, rue Blaja 
31500 TOULOUSE
05-61-11-84-32
http://www.oshinkan.com/

Matériel
Pinceaux grands et petits, encre, papier d’exercice format Hanshi (24.2 cm/33.3cm) et pierre (matériel non fourni).
Liste de matériel

Renseignements et inscription avant le 30 juin ​2017 : 

Claire Seika
Courrier électronique, claire.seika@oshinkan.com


Wayô est un mot composé de Wa, préfixe désignant le Japon, et du suffixe , signifiant «style». La calligraphie Wayô se distingue ainsi du courant dit de «style chinois», Karayô唐様, qui s'est développé au Japon à l'époque moderne.

On désigne plus précisément par le terme de Wayô la calligraphie de style japonais de l'époque Heian, style représenté par les trois calligraphes connus sous la désignation de Sanseki三跡, «les Trois Traces (de pinceau)» : 

Ono no Tôfû藤原道風 (894-966), 
Fujiwara no Sukemasa藤原佐里 (944-998) 
et Fujiwara no Yukinari藤原行成 (972-1027). 

Nous nous référerons surtout durant le stage à Fujiwara no Yukinari. Celui-ci représente l’achèvement du Wayô réalisant la synthèse des deux grands calligraphes fondateurs : Ôgishi pour la Chine, 王義之 (303-361), et Ono no Tôfû pour le Japon.



http://www.oshinkan.com/



mardi 23 mai 2017

Le Sourire du calligraphe




Le Sourire du calligraphe


Cet article extrait du Pinceau d’avril, a été composé à la mémoire de mon maître, Kuroda Shûka. L’enseignement que j’ai reçu de lui pendant les quinze dernières années de son existence pourrait se résumer en un verset : « Un pétale vrille, un sourire » (Nenge Misho, 拈華 微笑).

Premier paradoxe : le calligraphe cultive l’écrit mais privilégie l’oral dans son enseignement. La mention kuden (口伝) en japonais indique que la transmission est exclusivement orale. Mais que faut-il entendre par transmission orale ?

Deuxième paradoxe : malgré le fait que la transmission soit orale, la parole ne détient pas l’exclusivité. Si les mots lui manquent, le calligraphe pourra, par exemple, transmettre son enseignement par le sourire.

Un essai rédigé par Kuroda Shûka, paru dans la revue mensuelle Sekai Shisô en mars 1985, nous permettra de saisir ce qui se transmet par le sourire que les mots ne sauraient exprimer.

Il est temps de laisser la parole au sourire.

*

Nenge Misho, 拈華 微笑, « Un pétale de fleur vrille, un sourire »

J’étais occupé à calligraphier avec le plus grand soin un diplôme, et bien que j’avais pour habitude d’éteindre la télévision pour ce genre de travail, ce jour-là je l’avais laissée allumée avec le son au plus bas.
- Nenge Misho.
À peine avais-je entendu ce verset et levé la tête que l’image avait disparue. Renge Misho. C’est bien ce que j’avais entendu. Me répétant la formule, j’interrompais mon travail pour consulter quelques dictionnaires, essayant de retrouver ce verset… Sans résultat. Recherche vaine.
Je me remis au travail après avoir rangé les différents dictionnaires. Mais le travail achevé, le verset me revint à l’esprit. Le verset me préoccupait d’autant plus que le sens m’en échappait. Je voulais en savoir plus. Me rappelant soudain qu’on était dimanche, je téléphonais sans plus attendre à un vieil ami.
- C’est Nenge Misho et non Renge Misho, me répondit-il et, impressionné par une telle mémoire, je m’exclamais :
- Merci, merci infiniment !
C’était effectivement Nenge Misho, et le dictionnaire donnait la définition suivante :
« Lorsque SAKYAMUNI donna l’enseignement à la foule rassemblée sur le mont GÅDHRAKÜTA, il fit vriller en silence un pétale de fleur. La foule ne saisit pas le sens de ce geste, seul KÄÇYAPA y répondit par un sourire. En référence à ce fait, le verset signifie transmettre l’esprit ».
Telle la foule rassemblée sur le mont GÅDHRAKÜTA, je n’arrivais pas à me satisfaire d’une telle définition. Je me mis à consulter d’autres dictionnaires. Je tombais sur la définition suivante :
« Nenge Misho, terminologie bouddhiste. Dans l’école du bouddhisme Zen, ce verset est mis en exergue afin d’expliquer que la voie se transmet en dehors des textes et de leur étude. Lorsque le Bouddha fit vriller un pétale de fleur devant la foule assemblée, voulant par ce geste transmettre son enseignement, seul KÄÇYAPA comprit et sourit. C’est ainsi que la loi bouddhique lui fut véritablement transmise ».
N’étant pas moi-même spécialiste de ces questions, je sentais bien qu’un sens profond dépassait ma compréhension. Je me mis à réfléchir. Je réfléchis une nuit, deux nuits… le troisième jour au matin je réfléchissais encore. Seul, les yeux clos, je laissais aller mes pensées lorsqu’un sourire vint de lui-même flotter sur mon visage. 

Kuroda Shûka, Sekai Shisô, mars 1985 ; traduction Claire Seika, Pinceau d’avril, 2, juin 2003, traduction légèrement abrégée.


*

Début octobre 1984. J’allais avoir vingt ans lorsque je rencontrai Kuroda Shûka pour la première fois. Avait-il déjà écrit cet essai, devant paraître au mois de mars suivant, ou l’avait-il au bout du pinceau ? Toujours est-il que la rédaction de celui-ci date probablement du moment de cette première rencontre.

Kuroda Shûka y enseigne qu’il est toujours temps de sourire. En effet, le récit autobiographique qu’il nous a laissé n’aurait pas vu le jour s’il avait souri immédiatement en entendant le verset, et s’il ne s’était pas écoulé deux nuits blanches entre le moment où il a entendu le verset et le moment où la compréhension du sens profond de celui-ci fit naître un sourire sur son visage. Ainsi, bien que le verset « Un pétale vrille, un sourire » puisse laisser à penser que le sourire naît sur le visage du disciple avant que le pétale ne touche le sol, on peut imaginer que ce pétale mette un temps infini à tomber et qu’il est toujours temps de sourire…

Claire Seika, Le Pinceau d’avril, 2, Juin 2003 (texte légèrement modifié).



Kuroda Shûka








lundi 20 mars 2017

Calligraphier dans le style Wayô



Stage de Calligraphie Japonaise

été 2017

Calligraphier dans le style Wayô ※



2 juillet​ - ​7​ juillet 2017​



"La lune ? Elle n'est plus 
Le printemps ?
Ce n'est plus le printemps d'autrefois
Moi seul
Suis resté le même" 
(Narihira, IXe siècle)
Calligraphie Claire Seika, 2017


Un stage de calligraphie japonaise sur le thème Calligraphier dans le style Wayô aura lieu en juillet 2017​ au dôjô Oshinkan. Il débutera le dimanche 02 juillet à 10 heures et s’achèvera le vendredi 07 juillet à 17​ heures.

Programme
Matin (10 h-12h) et après-midi (14h-18h) : pratique de la calligraphie de style Wayô, Kanji et Kana.
Mardi 4 et jeudi 6 juillet, en soirée (18h30-21h) : séances de cours théorique sur le​ thème du stage​ (organisées sur les deux soirées).

Participation aux frais

200€ pour les étudiants, membres d'Oshinkan
280€ pour les membres d'Oshinkan (non étudiants) 
330€ pour les participants extérieurs (non membres)


Le montant du stage comprend les repas des soirées des 4 et du 6 juillet qui seront pris en commun au dôjô Oshinkan. Il est à régler par chèque à l’ordre de Oshinkan le premier jour du stage.


Les débutants sont acceptés.
Il n'est pas possible de venir à la journée.

Lieu : Oshinkan
1, rue Blaja 
31500 TOULOUSE
05-61-11-84-32
http://www.oshinkan.com/

Matériel
Pinceaux grands et petits, encre, papier d’exercice format Hanshi (24.2 cm/33.3cm) et pierre (matériel non fourni).
Liste de matériel

Renseignements et inscription avant le 30 juin ​2017 : 

Claire Seika
Courrier électronique, claire.seika@oshinkan.com


Wayô est un mot composé de Wa, préfixe désignant le Japon, et du suffixe , signifiant «style». La calligraphie Wayô se distingue ainsi du courant dit de «style chinois», Karayô唐様, qui s'est développé au Japon à l'époque moderne.

On désigne plus précisément par le terme de Wayô la calligraphie de style japonais de l'époque Heian, style représenté par les trois calligraphes connus sous la désignation de Sanseki三跡, «les Trois Traces (de pinceau)» : 

Ono no Tôfû藤原道風 (894-966), 
Fujiwara no Sukemasa藤原佐里 (944-998) 
et Fujiwara no Yukinari藤原行成 (972-1027). 

Nous nous référerons surtout durant le stage à Fujiwara no Yukinari. Celui-ci représente l’achèvement du Wayô réalisant la synthèse des deux grands calligraphes fondateurs : Ôgishi pour la Chine, 王義之 (303-361), et Ono no Tôfû pour le Japon.








http://www.oshinkan.com/