samedi 4 avril 2020

Heures oisives, La lune et les fleurs, Calligraphie





 Heures oisives

"La lune et les fleurs"



すべて月花をばさのみ目にて見るものかは

"La lune et les fleurs sont-elles tant, l'une et l'autre,

des choses que l'on voit avec les yeux ?"

Heures oisives, 徒然草, II, 137.

Calligraphie Claire Seika, mars 2020.



Dans ce passage en prose extrait des Heures oisives, Urabe Kenkô définit une esthétique consistant à voir certaines choses - la lune, les fleurs, mais aussi la neige ou l’eau d’une source - et à en être profondément affecté sans s’y attacher, ni se les approprier, ni les entacher en y laissant quelque trace. Ainsi la seule pensée des fleurs au printemps et de la lune à l’automne suffit à émouvoir le poète. Penser au passage du printemps sans sortir de chez soi ou penser à la lune en regardant la pluie tomber revient à voir les choses non seulement de loin mais aussi telles qu’elles sont.

Dans le Carnet de la hotte, Bashô se fait l’écho de cette esthétique lorsqu’il écrit : « Quel que soit le lieu où porte mon regard, il n’est rien qui ne soit fleur. Quel que soit le lieu auquel je pense, il n’est rien qui ne soit lune ».


Urabe Kenkô, Les Heures oisives (1335?), II, 137, 徒然草 ; traduction C. Grosbois, T. Yoshida et R. P. Sauveur Candau, Gallimard/Unesco, 1968, p. 117.
Bashô, Le carnet de la hotte, 笈の小文 ; traduction R. Sieffert, Journaux de voyage, POF, 1988, p. 47. 



Cet article est extrait du Pinceau d’avril, Journal de calligraphie japonaise, publié par l'Institut de calligraphie Tôkashoin-France, numéro 19, avril 2020.






mardi 24 mars 2020

Calligraphie de l'idéogramme du "confinement"






 

L'idéogramme du « confinement »




籠, "confinement", calligraphie Claire Seika, mars 2020


J’ai calligraphié le caractère exprimant l’idée de « confinement » en japonais : 籠. L'idéogramme représente une corbeille en bambou avec un dragon à l'intérieur. Il est composé du bambou, 竹, partie supérieure, et du dragon, 龍, partie inférieure. Le dragon exprime l'idée que la corbeille est pleine. Tout idéogramme pourrait en principe convenir afin d’indiquer que la corbeille est pleine, cependant le fait que ce soit l’idéogramme du dragon amène à penser que la corbeille est pleine d'énergie. 


En poésie, le terme japonais 籠リ (komori) pourrait être traduit en français par le terme de « retraite », dans le sens de « faire retraite », « se retirer du monde » : 籠る (komoru). On trouve assez souvent en poésie l'expression « retraite d'hiver », 冬籠り, afin de désigner la période d’inactivité hivernale correspondant au moment de passage d’une année à l’autre ou, plus généralement, afin d’exprimer l’idée d’hibernation, y compris des végétaux. Il existe aussi une « retraite d'été », 夏籠, l’expression renvoyant à l’habitude, depuis l’époque Heian au Japon, de faire retraite dans un sanctuaire, un temple (参籠) ou encore en montagne (山籠) à certaines périodes de l’année. 


J'ai choisi de calligraphier l'idéogramme 籠 en cursif, 草書, Sôsho. Ainsi le point final à droite de l’idéogramme se distingue comme une particularité propre au style cursif. En effet, ce style offre la possibilité de nombreuses variations graphiques et sollicite la créativité du calligraphe. Dès lors, ce point final pourrait sembler n’être qu’une fantaisie. Pourtant, il résulte d’une simplification extrême des trois derniers traits de l’idéogramme du dragon en style régulier 龍. 



Cet article est extrait du Pinceau d’avril, Journal de calligraphie japonaise, publié par l'Institut de calligraphie Tôkashoin-France, numéro 19, avril 2020.








mercredi 22 janvier 2020

Calligraphie japonaise Stage d'été, 28 juin - 3 juillet 2020





Calligraphie japonaise

Stage d'été



28 juin-3 juillet 2020

« Calligraphier sur Shikishi (色紙)


le Hyakunin Isshu 


(百人一首, De cent poètes un poème)»





«J'attends quelqu'un qui ne vient pas
Dans la baie de Matsuho
Quand le vent tourne le soir
On y brûle les algues pour en extraire le sel
Ainsi s'enflamme mon corps»

Fujiwara no Teika, Hyakinin Isshu, 97
Calligraphie Claire Seika




Il s'agira de calligraphier des Kana (signes phonétiques japonais) en composition libre sur format carré, Shikishi  (24cm/27cm environ).

Lieu :
Dojo Oshinkan, 1, rue Blaja, 31500 Toulouse
0561118432

Horaires :
du dimanche 28 juin à 10h, au vendredi 3 juillet à 18h.

Participation aux frais :
200 € pour les étudiants, membres d'Oshinkan
280 € pour les membres d'Oshinkan (non étudiants)
330 € pour les participants extérieurs (non membres)

Le montant du stage comprend les repas des soirées du 30 juin et du 2 juillet qui seront pris en commun au dôjô Oshinkan. 

Renseignements et inscription (avant le 20 juin 2020) :
claire.seika@oshinkan.com